La taxe foncière ne se calcule pas à partir du prix d'achat. Elle repose sur la valeur locative cadastrale du logement — un loyer théorique établi par l'administration —, réduite de moitié, puis multipliée par des taux votés chaque année par la commune, l'intercommunalité et le département. C'est pourquoi deux biens vendus au même prix, dans deux communes voisines, peuvent payer du simple au double.
Le calcul, en trois étapes
- La valeur locative cadastrale. Elle est établie à partir de la surface pondérée du logement, de sa catégorie — un classement de 1 à 8 selon le standing — et d'éléments de confort. Sa base de référence remonte à 1970 en métropole, revalorisée chaque année par un coefficient national.
- L'abattement de 50 %. Il est forfaitaire, et censé représenter les frais de gestion, d'assurance et d'entretien du propriétaire. On obtient ainsi le revenu cadastral.
- Les taux votés. Chaque collectivité fixe le sien, chaque année. Ce sont eux qui expliquent l'essentiel des écarts d'une commune à l'autre — et ils sont publics, commune par commune.
S'y ajoute presque toujours la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, calculée sur la même base avec son propre taux, et qui figure sur le même avis.
Pourquoi elle ne suit pas le marché
La base cadastrale est largement figée depuis les années soixante-dix, quand les prix de vente, eux, ont suivi des trajectoires très différentes selon les villes. La conséquence est contre-intuitive : plus le mètre carré est cher, moins la taxe pèse en proportion du prix. Dans les villes les plus chères, elle représente une fraction bien plus faible du prix d'achat que dans une ville moyenne.
C'est ce qui rend inutilisable la règle qu'on lit souvent — « compter tant de pour cent du prix ». Appliquée à un bien de ville moyenne, elle sous-estime ; appliquée à un bien de centre-ville cher, elle surestime. Dans les deux cas elle se trompe, et toujours d'un montant qui compte sur dix ans.
Ce qui n'est pas publiable, et pourquoi
Les taux sont publics et exacts, commune par commune. Les tarifs cadastraux le sont aussi — mais tels que publiés, à leur date de référence et sans revalorisation, ce qui les rend inexploitables pour reconstituer un montant : les tarifs d'un département dont la date de référence est récente sont dix fois supérieurs à ceux de la métropole, sans qu'aucun logement n'y soit dix fois plus taxé.
Le coefficient d'actualisation qui relierait les deux ne figure dans aucun jeu de données ouvert. Il n'y a donc aucun moyen honnête de calculer la taxe foncière d'un logement à partir de sources publiques — et c'est pourquoi LogiScan ne l'estime pas plutôt que d'afficher un chiffre plausible et faux.
Comment obtenir le vrai montant
Une seule méthode marche, et elle est simple : demander l'avis d'imposition au vendeur. Il le connaît au centime près, il le reçoit chaque automne, et la question est parfaitement normale au moment d'une visite. C'est le seul chiffre qui vaille, et il évite une erreur qui se répète ensuite chaque année.
Deux points à vérifier en le lisant : que l'avis est récent — les taux bougent chaque année, parfois nettement —, et si le logement bénéficie d'une exonération temporaire. Un logement neuf est en général exonéré pendant deux ans ; la facture qu'on paiera ensuite n'est pas celle qu'on lit.
Qui paie l'année de la vente
La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier. Un bien vendu en juin reste donc légalement à la charge du vendeur pour l'année entière. Il est d'usage de la répartir entre les deux au prorata dans l'acte, mais ce n'est pas automatique : c'est une clause à demander, et à vérifier avant la signature.